Un enfant sur dix présente un retard de langage à 18 mois, selon les données des centres de protection maternelle et infantile. Certains commencent à associer des mots tardivement sans que cela ne préjuge d’un trouble durable. Pourtant, ignorer certains signes peut retarder la prise en charge et compliquer le développement ultérieur.
Des solutions existent pour stimuler l’acquisition du langage et repérer les situations nécessitant l’avis d’un professionnel. Repérer rapidement les signaux d’alerte permet d’agir tôt, avec un impact positif sur l’évolution de l’enfant.
Le développement du langage à 18 mois : ce qui est attendu chez l’enfant
À 18 mois, la progression du langage prend appui sur des bases posées bien plus tôt. Dès la naissance, l’enfant capte les bruits, distingue les timbres de voix, puis commence à apprivoiser les sons. Les repères restent larges, mais quelques étapes jalonnent ce parcours singulier.
Voici ce qu’on observe le plus souvent à cet âge :
- Comprendre des consignes courtes, reconnaître certains mots du quotidien et les utiliser dans les bons contextes.
- Un vocabulaire qui se construit : une dizaine de mots, parfois davantage, font leur apparition. La prononciation n’est pas encore assurée, mais les sons deviennent plus nets.
- Le babillage évolue, laissant place à des tentatives d’association de mots, premières esquisses de phrases.
Avant de parler, l’enfant décrypte, écoute, engrange. Sa compréhension précède toujours l’expression. Les échanges avec les adultes, la répétition des gestes et des mots, façonnent ce chantier invisible qu’est l’acquisition du langage chez l’enfant.
L’arrivée à l’école maternelle élargit l’horizon des mots et des structures de phrases. Les discussions avec les autres enfants, le contact avec un langage plus varié, nourrissent la construction des premières phrases. La progression n’est pas régulière : certaines périodes accélèrent l’apprentissage, d’autres semblent stagner, sans que cela n’ait de raison inquiétante.
Restez attentif à l’audition : même une gêne minime peut ralentir l’entrée dans le langage. Le contexte familial et la diversité linguistique jouent aussi leur partition, influençant le rythme d’éveil aux mots.
Retard de langage : quels signes doivent alerter les parents ?
Un retard de langage se repère par une différence marquée avec les repères habituels du développement. Chez l’enfant de 18 mois, il existe bien sûr d’importantes variations, mais certains signaux ne passent pas inaperçus.
Parmi les indices à surveiller, on retrouve notamment :
- Le babillage reste rare ou absent après 12 mois : ces premiers jeux de sons devraient normalement s’être installés. Leur absence interpelle.
- L’enfant ne prononce toujours pas de mots simples à 16 mois, papa, maman, dodo, non. Le vocabulaire demeure pauvre alors qu’il devrait s’enrichir.
- Vers 24 mois, il ne combine pas de mots : pas de petites phrases comme « encore gâteau » ou « veux bras ».
Interrogez aussi la compréhension. Un enfant qui ne réagit pas à son prénom, semble insensible aux consignes courtes, ou reste en retrait lors des échanges verbaux, manifeste là aussi un signal à prendre au sérieux. Parfois, cette difficulté à communiquer s’accompagne d’un faible intérêt pour l’entourage ou de gestes peu nombreux.
Chaque enfant avance à son rythme, mais lorsqu’un écart se creuse avec les autres du même âge, à la crèche ou dans la famille, il est judicieux de consulter. Un orthophoniste, un pédiatre ou un médecin généraliste saura affiner la situation et proposer un accompagnement adapté.
Pourquoi certains enfants parlent-ils plus tard que d’autres ?
Le retard de langage à 18 mois ne s’explique jamais par une seule cause. Les raisons s’entrecroisent, entre particularités individuelles et environnement. Les troubles de l’audition occupent souvent le devant de la scène : une surdité légère, une otite chronique passée inaperçue, et l’apprentissage du langage ralentit. Faire vérifier l’audition est une étape incontournable si le retard persiste.
Certains troubles neurodéveloppementaux entrent aussi en jeu. La dysphasie, les troubles du spectre autistique, ou encore la dyspraxie verbale (difficulté à planifier et articuler les sons) peuvent expliquer certains retards. Ces situations appellent un dépistage rapide et une prise en charge spécifique.
L’environnement compte également. Un quotidien où l’enfant est peu sollicité verbalement, une exposition importante aux écrans, ou la cohabitation de plusieurs langues à la maison modifient la vitesse d’acquisition. Un contexte affectif tendu ou des changements familiaux récents peuvent aussi jouer sur la progression du langage.
Chaque enfant avance à sa manière. Parfois, le décalage n’a rien de pathologique : il s’efface avec le temps. Une évaluation par un spécialiste permet de distinguer un simple retard transitoire d’un trouble plus installé, et d’orienter la famille vers les bons interlocuteurs.
Des conseils concrets pour stimuler le langage au quotidien et savoir quand consulter
Pour encourager le langage, rien ne remplace la richesse des échanges quotidiens. Parlez à votre enfant, même s’il ne répond pas encore. Nommez ce que vous faites, soulignez les objets, les actions, mettez des mots sur les émotions. La lecture partagée, histoires courtes, imagiers, comptines, offre un terrain fertile à l’apparition du vocabulaire.
Le jeu devient un allié précieux. Les jeux éducatifs conçus par des structures telles que Ma Boîte Éveil Langage (La Tribu Happy Kids) s’appuient sur l’imitation, la manipulation, la répétition. Faites participer votre enfant : invitez-le à montrer, à nommer, à répéter. Les moments du quotidien, bain, repas, sorties, deviennent autant d’occasions de stimuler l’expression.
Évitez de laisser l’écran prendre la place des conversations : l’interaction réelle reste le moteur de la compréhension. Même de courts échanges ont leur importance. Certains signes doivent alerter : pas de babillage à 12 mois, pas de mots simples à 16 mois, ou absence de petites phrases à deux mots vers 24 mois. Si l’enfant ne comprend pas des instructions simples ou peine à communiquer avant 3 ans, une évaluation s’impose.
N’hésitez pas à solliciter un orthophoniste, un pédiatre ou un médecin généraliste en cas de doute persistant. Ces experts procèdent à une évaluation adaptée et proposent des pistes concrètes. Le Centre Mosaïque de Québec, par exemple, accompagne les familles et met à disposition des outils et un appui sur mesure.
Chaque mot prononcé, chaque échange partagé, ouvre une porte. Parfois, le chemin prend un détour inattendu, mais avec un regard attentif et les bons relais, le langage finit par trouver sa voie.


