Via sa page Facebook, la rédaction de Vivacité s’est lancée dans une quête : recueillir le vécu de celles et ceux que les cloches dérangent. Pourtant, à peine le post publié, ce sont plus de 300 commentaires qui affluent… pour défendre les cloches, et non pour s’en plaindre.
On peut s’étonner du ton et du choix de cette question, mais ce qui frappe, c’est la vague de réactions qu’elle a provoquée sur les réseaux sociaux de la radio publique. Plutôt que de récolter une moisson de plaintes, l’appel a déclenché une mobilisation inattendue en faveur des cloches. Sur les 243 premières réponses, près de 80 personnes ne cachent pas leur exaspération face à la polémique lancée par la rédaction. Si l’on parcourt la multitude de messages, une évidence s’impose : pour beaucoup, les cloches font partie du paysage, de l’histoire collective, des souvenirs d’enfance. Beaucoup rapprochent ce débat de celui qui a récemment agité les médias à propos des bruits ruraux, du chant du coq ou du tintement des vaches.
Vivez les cloches !
Que disent les internautes ? Comment défendent-ils la tradition ? Voici un aperçu des arguments les plus fréquemment avancés :
- « Je vis à côté de l’église depuis plus de 40 ans et les cloches ne m’ont jamais dérangé, même si elles sonnent toutes les heures et demie », affirme un habitué du quartier.
- Une autre voix partage : « Pour ma part, j’adore le bruit des cloches. Je vis près d’une église. »
- L’humour s’invite parfois : « Et si elles ne sont plus là, qui viendra distribuer les coups de marteau ? »
- Beaucoup regrettent le choix du sujet, jugé trop éloigné des préoccupations réelles. Certains vont jusqu’à dénoncer une polémique stérile, estimant que l’on s’offusque désormais de tout et de rien. « Les voisins dérangent, les différences dérangent… Ce qui me gêne vraiment, c’est le choix de ces sujets. J’espère ne pas être la seule à le penser », souffle une commentatrice.
Des messages nostalgiques percent aussi : « Je vis au pied d’une église, ça sonne les heures, jamais dérangé. Au contraire, ça me rappelle mon enfance, les vacances chez mes grands-parents. Et maintenant, je n’y fais même plus attention », confie une habitante. D’autres, comme cette personne revenue vivre dans un village, s’enthousiasment : « Le son des cloches, c’est un bonheur simple ! »
Un autre témoignage salue cette petite musique du quotidien : « J’aime le son des cloches ! Cela fait partie du bonheur simple de chaque jour de les entendre. » Plus de 50 likes sous ce commentaire, preuve qu’il trouve un écho.
Certains relèvent même l’absurdité de s’agacer du carillon alors que les smartphones, alarmes et moteurs envahissent déjà l’espace sonore. « Ce qui me dérange, c’est le bruit des voitures et l’odeur de l’essence en ville ; pour le reste, laissez-nous profiter de la campagne. Il y a tellement de vacarme urbain qu’on ne remarque même plus les cloches », résume un internaute.
Dans cet élan collectif, quelques voix discordantes apparaissent malgré tout : « Cela ne me dérange pas plus que ça, on s’y habitue, mais en tant qu’athée, j’ai parfois l’impression d’une intrusion », nuance quelqu’un. Ou encore : « Chez nous, l’église sonne même la nuit ! On a déjà écrit plusieurs fois… Toutes les 15 minutes, ça carillonne ! » Mais ces opinions restent isolées, loin de refléter la majorité d’avis exprimés. Un revers inattendu pour ceux qui espéraient ouvrir un débat à charge.
N.D.
Illustration de couverture : CC-paraLacre


